Le système cultural pratiqué par Mr Simon Cowell sur des sols argileux lourds à St Lawrence, au sud-est de l'Angleterre.

Les chaumes subissent deux passages de herse, le premier juste après la moisson, le second deux semaines plus tard. Cela permet de répartir la paille broyée de façon homogène et de provoquer la levée des adventices.

Les semences sont positionnées sous les résidus végétaux pour que leur dégradation ne perturbe pas la germination .

Les voies de jalonnage sont conservées d'une année à l'autre et nivelées à l'aide d'un outil ''maison'' si besoin.

Suite à un désherbage au glyphosate, les semis sont effectués avec un SimTech T-SEM 3,0 m. Le tracteur est équipé de pneus extra-larges à basse pression pour limiter la compaction des sols.

Toutes les opérations sont réalisées en passages croisés pour maintenir une surface nivelée.

Des cultures de printemps telles que pois et lin ont fait leur apparition dans l'assolement, alors même que la préparation des sols à cette période posait de gros problème par le passé.

'Si vous prenez soin de votre sol, les cultures prennent soin d'elles-mêmes.'' - sans parler des bénéfices visibles sur votre compte en banque et sur l'environnement.'

Céréalier au sud-est de l'Angleterre, Simon Cowell a développé un système cultural sans travail du sol qu'il a adapté à ses terrains très difficiles, localisés sur un estuaire, sous le niveau de la mer.

‘J'ai des sols limono-argileux lourds et riches en magnésium, ce qui les rend très collants en conditions humides et très durs en conditions sèches. J'ai arrêté la labour il y a 12 ans car je ne pouvais même pas planter une charrue dans le sol sec après la moisson, et je devais travailler dans une véritable mare de boue lors des automnes humides. Avec ce système cultural conventionnel, je ne pouvais pas non plus implanter de cultures de printemps. Ma rotation était donc très limitée, une année de colza suivie de deux années de blé.’

‘Lorsque j'ai arrêté le labour, j'ai d'abord continué à préparer le sol avec un cover-crop et un sous-soleur. Mais j'ai vite réalisé que l'incorporation des pailles dans les premiers centimètres du sol était une erreur. Les graines nouvellement semées n'aiment pas ça, la dégradation des résidus consomme de l'azote, et je m'exposais à des problèmes futurs en mélangeant des graines d'adventices dans le profil cultivé.’

‘Maintenir toute la paille en surface est le meilleur moyen d'encourager l'activité des vers de terre. Ce mulch retient l'humidité et évite de diluer les effets bénéfiques liés à l'augmentation de la teneur en matière organique dans le sol. En laissant leurs graines en surface, les adventices sont plus simples et moins coûteuses à contrôler, et j'ai réduit plus rapidement ce stock problématique de mauvaises graines.’

‘Pour maximiser tous ces bénéfices, j'ai réalisé que je devais herser les pailles parce que ma moissonneuse ne les répartissait pas uniformément sur la largeur de coupe, et je voulais encourager la levée des adventices. Griffer la surface permet aussi de perturber l'activité des limaces. Je possède une herse à paille ''maison'' que j'ai perfectionnée, avec 72 dents sur 6,0 m pour travailler très superficiellement. Je l'utilise systématiquement avec un léger angle par rapport aux chaumes juste après la moisson, et au moins une autre fois deux semaines plus tard avec un angle différent suivant la diagonale opposée. Enfin, j'applique un désherbage au glyphosate à dose réduite juste avant de semer.’

‘Un autre défit fut la recherche d'un semoir capable de semer sous ce mulch, sans bourrage, en positionnant bien les semences au contact de la terre et non des résidus. Ce dernier point était le défaut de mon semoir à disques Unidrill, les plantules étaient toutes jaunes à l'automne. Lorsque j'ai vu le SimTech T-SEM pour la première fois sur un salon il y a 4 ans, j'ai pensé que le soc Aitchison monté sur la dent ressort en ''queue de cochon'' était exactement ce que je recherchais, parce qu'il crée un environnement idéal pour la germination et un développement racinaire rapide.’

‘Je suis désormais en pur semis direct depuis 3 ans et très satisfait du semoir. Il travaille bien, même en conditions collantes. Mes rendements sont équivalents à ce qu'ils étaient auparavant mais mon coût de production est nettement inférieur. J'ai moins de soucis de mauvaises herbes et de limaces grâce à l'amélioration de l'activité biologique de mes sols qui favorise leurs prédateurs.’

‘Je n'ai plus besoin de sous-soler, les vers de terre le font pour moi (voir les photos), et l'évolution positive de la couche de surface me permet maintenant d'implanter des cultures de printemps, pois et lin, ce qui allonge ma rotation et amène de la diversité.’

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‘En parallèle de la herse à paille et du semoirs SimTech, d'autres changements sont intervenus et ont contribué à l'évolution de mes sols. J'utilise désormais du gypse (sulfate de calcium) pour piloter le rapport magnésium/calcium. Le soufre se combine avec le magnésium pour faire du sulfate de magnésium qui est très soluble et facilement lessivable, ce qui maintient le calcium dans les couches superficielles. Par respect pour la structure du sol, je ne roule jamais dans les champs avec les bennes à la récolte, je les laisse sur les voies de jalonnage en fourrière. Mon tracteur et ma moissonneuse sont tous deux équipés de pneus Terra (voir les photos). Dans cette optique, le poids raisonnable du semoir SimTech est aussi un avantage.’

‘Le développement de mon système cultural sans travail du sol a été et reste une expérience fascinante, j'ai beaucoup appris et continue d'apprendre sur le sol et la vie microbiologique qu'il abrite. Je crois que même si ces techniques ont été mises en place ici sur ma ferme, leurs principes pourraient s'appliquer n'importe où. C'est un système durable et mes sols ne peuvent que s'améliorer avec le temps. Grâce au mulch qui recouvre la surface, je peux maintenant marcher dans les champs toute l'année avec des chaussures ordinaires, alors qu'avant je ne pouvais pas faire 5 pas sans avoir 3 kilos de terre collée à mes bottes !’